Stratégie 7: Maintien, renforcement et établissement d’aires protégées

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© Maegan Fitzgerald

Les aires protégées (AP) sont cruciales pour la protection des chimpanzés et de leur habitat. Cependant, malgré la création de plusieurs nouveaux parcs nationaux au cours des dernières années (Boé, Dulombi, Gola, Grebo-Kahn et Moyen-Bafing), 17% seulement de la population actuelle de chimpanzés d’Afrique de l’Ouest réside dans des aires protégées de statut de protection élevé (Heinicke et al. 2019a). Historiquement, les aires protégées en Afrique de l’Ouest ont servi d’îlots pour la biodiversité, abrités de la vague de destruction de l’habitat qui a submergé la région. Ce sont souvent les derniers vestiges de présence de chimpanzés compte tenu de la perte de l’habitat environnant (Junker et al. 2012). La Côte d’Ivoire en présente un exemple frappant : avec 50% de croissance démographique, le pays a perdu la majeure partie de ses milieux naturels et de ses chimpanzés, dont peu vivent aujourd’hui en-dehors des parcs nationaux (Campbell et al. 2008). Les effets positifs d’un statut d’aire protégée sur les populations de chimpanzés peuvent s’étendre à d’autres espèces. Au Liberia par exemple, l’abondance des chimpanzés est fortement corrélée à l’abondance d’autres mammifères et à la diversité des arbres (Junker et al. 2015b). Ainsi, la protection des chimpanzés grâce à un statut de protection d’une aire peut avoir un effet parapluie sur la biodiversité au sens large, ce qui renforce leur importance comme espèce phare dans la région.

L’intégrité des écosystèmes des aires protégées fait cependant face à une menace croissante. Les menaces communes sur les chimpanzés, comme le braconnage et la disparition de l’habitat, touchent aussi les aires protégées. Parmi les AP africaines, celles d’Afrique de l’Ouest sont affectées par les niveaux les plus élevés de menaces (Tranquilli et al. 2014). Greengrass (2016) a montré que malgré son statut de protection, la faune du Parc National de Sapo subit une pression considérable du braconnage en raison du commerce de la viande de brousse. Cette pression concerne aussi la population vulnérable de chimpanzés. Par ailleurs, plusieurs AP dans la région sont destinées à l’exploitation minière ou à d’autres projets de développement d’infrastructures (Junker et al. 2015b; Heinicke et al. 2019a). Par exemple, la construction du barrage électrique de Koukoutamba est prévue au milieu du Parc National du Moyen Bafing en Guinée, ce qui pourrait entrainer la mort d’un tiers des chimpanzés résidents.

Pendant longtemps, la création d’une aire protégée a été considérée comme la meilleure stratégie par les responsables de la conservation des chimpanzés en Afrique de l’Ouest (Neugebauer 2018). Cependant, cette efficacité n’est réelle que si l’AP est bien financée et bien gérée. Les « parcs sur le papier », mal financés, mal gérés et avec peu d’activités de conservation, ne sont pas efficaces (Tranquilli et al. 2014). Ainsi, il faut soutenir les activités dans les AP opérationnels et efficaces et aussi établir des systèmes adaptés au contexte local lorsque la couverture actuelle ne suffit pas. Les objectifs de cette stratégie sont les suivants :

Touche de statut

Objectif

Objectif 7.1 :  D’ici 2023, les objectifs et les priorités, dans toute l’aire de répartition et pour la région, concernant les populations et les habitats des chimpanzés, sont identifiés par une analyse scientifique rigoureuse appliquant des critères objectifs, tels que ceux définis pour les zones clés pour la biodiversité ou KBA (UICN 2016).

Statut

Objectif

Statut

Objectif 7.2 : D’ici 2025, toutes les AP existantes abritant des populations de chimpanzés ont des délimitations légalement reconnues pour des objectifs de conservation et ne font l’objet d’aucune revendication concurrentielle pour d’autres types d’utilisation des terres comme l’exploitation minière artisanale, l’exploitation minière industrielle, l’exploitation forestière ou l’agriculture.

Objectif

Objectif 7.3 : D’ici 2028, une couverture adéquate de protection de l’habitat est obtenue pour les chimpanzés d’Afrique de l’Ouest, par l’instauration de nouvelles AP, d’autres mesures de conservation, et/ou par des modes de financement comme les mécanismes compensatoires pour la biodiversité.

Statut

Objectif

Objectif 7.4 :  D’ici 2023, une évaluation de l’efficacité et des besoins en capacités de toutes les AP abritant des populations importantes de chimpanzés est réalisée.

Statut

Objectif

Objectif 7.5 : D’ici 2024, 100% des AP abritant des chimpanzés d’Afrique de l’Ouest ont des plans de gestion nouveaux ou actualisés qui incluent les chimpanzés en tant que cible de conservation, intègrent les communautés locales dans les processus de prise de décision et renforcent l’intégration des programmes de recherche aux activités de gestion.

Objectif 7.6 :  D’ici 2026, 80% des AP abritant des chimpanzés sont évalués en termes d’efficacité de gestion et ont reçu une note METT d’au moins 60%.

Objectif 7.7 :  D’ici 2029, les populations de chimpanzés d’Afrique de l’Ouest sont stables ou croissantes dans les aires prioritaires identifiées, y compris dans toutes les AP abritant des populations importantes de chimpanzés.

Statut

Objectif

Objectif 7.8 : D’ici 2024, 80% des AP abritant des chimpanzés mettent en œuvre des systèmes SMART ou d’autres systèmes appropriés de gestion des patrouilles et d’enregistrement des données.

Statut

Objectif

Objectif 7.9 : D’ici 2025, 80% des AP abritant des chimpanzés ont le personnel et le financement adéquats pour effectuer les actions nécessaires et minimales de conservation des chimpanzés.

Statut